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Formations cinéma documentaire à Lussas

Formations cinéma documentaire à Lussas

Ardèche Images propose des formations à l'écriture, à la réalisation et à la production documentaire.

Damien Cattinari 19e promo - Chemins Brulés

Damien étudiant de la 19e promo du master en réalisation nous raconte le passage du film collectif au film de fin d'étude :

"Dans le film collectif il y a une forme de protection agréable, on ne doit pas porter le film tout seul, la construction à 12 réalisateurs est une forme d'écriture où l'on peut disparaitre et paradoxalement on ose plus s'aventurer et tenter des gestes.

Pourtant, j'ai eu l'impression de ne pas trouver complétement ma place et d'accorder mon langage à celui des autres. Cette année, la moitié du groupe environ était force de proposition et avait une écriture commune et le reste était plutôt suiveur. Moi, j'ai joué le rôle d'un technicien, d'un exécuteur, ce qui m'allait bien à ce stade de l'année.

J'ai beaucoup aimé revenir à mon monde pour un projet personnel, finalement je n'ai jamais eu la sensation d'être seul car le projet a été écrit à deux car Xavier (Christiaens, Intervenant film de fin d'étude). Il m'a beaucoup apporté, a été très généreux.

(...)

J'ai trouvé dans nos échanges une réelle force de création et d'apprentissage sur la communication de mes projets. Même abstraites, mes pensées en envies doivent pouvoir être transmise à des personnages ou des producteurs, j'ai compris et intégré cela récemment avec Xavier.

(...)

Ma manière de travailler présuppose un temps solitaire, je n'aime pas partir de rien alors je collecte des archives filmique ou écrite, les miennes et celles des autres. Cette recherche, cette fouille fait remonter une poésie des images qui donne une colonne vertébrale au film."

 

Le film de Damien "Chemins Brulés" sera projeté aux Etats Généraux du film documentaire à Lussas le jeudi 22 août.

 

 

 

 

Poème de Damien écrit à Lussas :

Aucune voix ne peut être un chemin, aucune image, aucune littérature ne peut être une terre où exister. Pourtant, peut-être n’aimons-nous les histoires que pour ces lieux qu’elles nous rapportent du lointain. Pour ces lieux qui affirment que l’imaginaire peut être une mémoire de pierres, une mémoire du vent où les navires ne reviennent jamais que pour nous hanter. Il existe un ailleurs, tout aussi manifeste qu’un éclair, comme il existe une forêt que nulle n’a encore pénétrée. Peut-être est-ce là d’ailleurs la seule chose qui nous intéresse, nous rapprocher d’un rêve qui discrètement nous traverse avant de s’éteindre là où commence le bruit de la rivière et le chant des oiseaux. Parfois cela peut être une cabane oubliée au bord d’un plateau, une campagne d’hiver où des traces de pas dans les champs de vignes nous rappellent le corps lourd de nos anciens professeurs qui buvaient le vin à table, ce qui demeure un parfait moment de paix, de couleurs légères, qui nous rendent le monde comme on aime se le remémorer mais quelque fois c’était une simple allée, à l’ombre de grands pins, que l’on avait jamais vu pour de vrai, une cascade dans un pays oublié, où ne vivent peut-être que des plantes et une faune ignorée, deux sœurs, retirées dans une vieille maison isolée, car quelque fois c’était cette image vraie, une lettre oubliée sur la table de chevet, que nous donnait notre envie de vivre, de partir, pour rencontrer cette félicité que l’on avait imaginée, et que le corps pouvait alors faire durer, quelque fois, aussi longtemps que peut durer le sentiment de réalité.

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