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Formations cinéma documentaire à Lussas

Formations cinéma documentaire à Lussas

Ardèche Images propose des formations à l'écriture, à la réalisation et à la production documentaire.

Master à Grenoble / Entre réel et fiction 2011

Cinq questions concrètes concernant le cinéma documentaire

 

Intervention de Frédéric Sabouraud  avec les étudiants de Master 2 Documentaire de création, les 7, 8 & 9 Septembre 2011

 

L’intervention, qui se veut à la fois une réflexion théorique et un questionnement en rapport avec la pratique des étudiants autour de leurs projets filmiques, tournera autour des quatre questions suivantes :

 

1)    Questions autour du choix du sujet

2)    Questions autour du choix du dispositif

3)    Questions autour de la relation filmeur/filmé

4)    Questions autour du choix Filmer la parole/ Filmer l’action

5)    En conclusion, reprise de quelques grands partis pris esthétiques étudiés

 

Le principe pédagogique consiste à articuler un travail réflexif transversal avec l’étude de films dans la singularité de leur approche, en prenant garde que l’un ne prenne pas le dessus sur l’autre (et réciproquement). Entendons par là que la question théorique abordée ne devra jamais réduire le matériau filmé soumis à étude à une simple illustration ou une représentation d’une supposée catégorie à laquelle le rattacher. Mais, dans le même temps, il s’agira bien d’aborder la question envisagée et non pas de s’en tenir à une approche strictement critique du film envisagé. C’est la raison pour laquelle les films étudiés seront montrés en entier, ce qui n’empêchera pas pour autant d’y faire retour par la suite lorsqu’on abordera une autre question que celle à laquelle ils avaient été reliés. Ainsi, pour donner un exemple concret, on peut tout aussi bien aborder un film de Flaherty, van der Keuken ou Depardon autour de la question du choix du sujet que de celle des autres questions proposées à l’étude. Néanmoins, les films choisis seront prioritairement, mais pas exclusivement, rattachés à une question spécifique pour laquelle ils proposent une approche qui semble suffisamment singulière et riche en enseignements pour qu’on puisse aborder l’œuvre à l’aune de cette question particulière. Cette manière de rattacher tel film à telle question est évidemment fondée sur un choix subjectif, et discutable en tant que tel. Mais il permettra, je l’espère, de la rendre plus concrète et d’éclairer le film sous un jour particulier.

Par ailleurs, le choix de films a été envisagé de telle façon qu’il permette de couvrir un champ esthétique et historique aussi vaste que possible, allant du cinéma documentaire des années 1930 à des films très récents, mêlant des films plus proches de ce qu’on a coutume d’appeler « le cinéma direct » avec des réalisations plus proches de « l’essai filmique » et de « l’entre-deux documentaire/fiction ».

Ces différentes questions ne seront pas abordées sous la forme d’un cours magistral mais plutôt à travers des échanges articulant les remarques, questions, suggestions, impressions des uns et des autres avec le travail que j’aurai préparé.

 

Préprogramme détaillé

articulant les œuvres et les questions abordées

 

1)    Choix du sujet : s’intéresser à cette question, c’est d’une certaine manière se demander « de quoi parle le film ». Dés lors, on entre dans une logique que j’appellerai logique des strates, nourrie de dimensions conscientes et inconscientes qui s’enchevêtrent et se superposent. La question du sujet dépasse celle du thème, au sens où on l’entend souvent dans le discours et la logique de production audiovisuelle dominants. Il s’agit de capter la subjectivité, la singularité de l’approche, et tenter de cerner, sans prétendre émettre un avis exhaustif et définitif, les enjeux qui s’y déploient. Cette étude s’appuiera sur l’analyse de Don’t look back de Don Alan Pennebaker (96’) et de l’Homme d’Aran de Robert Flaherty (80’).

 

2)    Choix du dispositif : qu’entend-on par ce terme ? La manière dont un certain nombre de paramètres vont être déterminés, choisis, ou subis vont avoir une influence déterminante sur l’esthétique du film, son contenu, son récit. Choix de l’équipe, du matériel, du support, durée de tournage, de montage, manière de procéder dans le geste de captation sont autant de paramètres qui vont avoir une incidence décisive. Ils sont à la fois le fait de choix et de contraintes, et relèvent de partis pris à la fois techniques et esthétiques, souvent contradictoires d’une œuvre à une autre, incluant une part de fabrication, de mise en scène, voire de reconstitution.  Pour étudier cette question, seront pris en compte notamment des exemples de dispositifs évolutifs en cours de tournage. Cette étude s’appuiera sur ll’analyse de Herman Slobbe de Johan van der Keuken et de Z32 d’Avi Mograbi, ainsi que les films de Flaherty et Pennebaker vus précédemment.

 

3)    Relation filmeur/filmé : il s’agit d’étudier comment, dans le cinéma documentaire, cette relation se joue de manière spécifique et diverse, offrant une multiplicité de choix qui détermineront, là encore, le résultat du film terminé. Quelle part laissée à l’autre ? Quelle place joue la caméra ? Comment se définit la relation entre le réalisateur, l’ingénieur du son, d’autres personnes intervenant dans la production, et ceux qui se trouvent devant la caméra ?  Cette étude s’appuiera sur l’étude de Dix-sept ans de Didier Nion (83’) et des films vus précédemment, notamment Z32 (81’) et Herman Slobbe (29’).

 

4)    Filmer la parole/ Filmer l’action : Cette question se pose constamment dans le geste documentaire, y compris dans l’éventuelle articulation entre l’un et l’autre. Les questions du dispositif et de la relation filmeur/filmé seront reposées au sein de ces approches spécifiques, ainsi que la notion de geste filmé et de son pouvoir de signification (évocation, allégorie, information, expression etc.). Nous appuierons notre réflexion sur l’exemple de l’Homme sans nom de Wang Bing (92’) et de Z32, vu précédemment, ainsi que Le Vie moderne de Raymond Depardon (88’).

 

5)    Partis pris esthétiques : choix de focale, usage du zoom ou du flou, mouvements de caméra, cadre, travail sur le son, travail de montage sont autant d’éléments qui constituent l’écriture d’un film. Nous reviendrons sur les plus marquants d’entre eux dans les films étudiés, en essayant de repérer la forme stylistique inhérente à chacune de ces différentes approches.

 

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